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Au nom du PRR et de tous les patriotes togolais, avec lesquels j’ai partagé des convictions durant mes voyages dans notre pays et à l’étranger, je voudrais rappeler de façon péremptoire que la démocratie est la fille du capitalisme industriel et non le contraire. Il est aussi utile de préciser que les règles de la démocratie politique ne peuvent pas prévaloir sur les droits fondamentaux de l’homme, à savoir les droits inaliénables à la vie, à la santé, à la nourriture, à l’éducation et au travail.
C’est en ayant méconnu cette vérité que nous avons détruit notre pays et miné notre peuple. Nous avons eu les occasions de parvenir par le dialogue, la tolérance et l’absolution à l’unité nationale, à la paix sociale, au travail en commun, à la stabilité et au progrès du pays. Malheureusement, les plus extrémistes, le cynisme des ambitions et des ressentiments, la volonté de revanche et la vacuité doctrinale et programmatique des partis ont ruiné les chances d’un peuple reconnu hospitalier et laborieux. La division congénitale des hommes politiques, les rivalités nourries d’exécration, l’insincérité ambiante, l’appréhension des représailles, l’appât du gain facile, l’utilisation de l’antagonisme entre le passé et le présent et le recours à un mythe surfait comme fonds de commerce politique rendent toute cohésion nationale et la reconstruction du pays vaines.
Il est temps que les factions qui tiennent le pays en otage désarment. L’affrontement programmé entre le RPT et l’UFC pour les élections présidentielles de 2010 ne doit plus prédominer sur l’indispensable unité de la nation, la primauté d’une politique de redressement national, de la stabilité politique et de la préservation des vies humaines. Notre parti, le PRR, n’acceptera plus que le déchirement du tissu social se poursuive avec des morts inutiles, des exilés, l’aggravation de la misère et le délabrement des infrastructures économiques et sociales du pays. Pendant longtemps, le PRR a privilégié une attitude de critiques édificatrices du pouvoir, tout en adoptant une position médiane. On nous a fait comprendre alors que nous devons choisir un camp. Sinon nous serons toujours considérés comme des traitres ou des falots. En conséquence, les deux camps s’accordent objectivement à nous créer des vexations. Si ce jeu despotique et destructeur devrait se poursuivre, au mépris de la paix sociale, de l’intérêt national et de la marginalisation des autres forces politiques et sociales du pays, nous serons contraints de prendre partie sans équivoque pour un camp, afin d’aider au rétablissement de notre influence passée et de notre économie. Nous ne tolérons plus, au moment où les américains parlent de travail bipartisan entre les démocrates et les républicains et quand la coalition (CDU & SPD) au pouvoir en Allemagne a permis d’obtenir des résultats économiques, politiques et sociaux probants, que des hommes politiques togolais continuent de diviser notre peuple et de se déchirer sur des questions de personnes et des anathèmes partisans.
La crise que nous traversons est profonde et dramatique. Les facteurs endogènes, qui l’aggravent, exigent la mobilisation totale de nos compatriotes de l’intérieur et de l’extérieur, sans esprit partisan, pour la surmonter. Mais les facteurs exogènes sont tout aussi redoutables et demandent de l’intelligence, de l’audace et la maîtrise des règles injustes et des pratiques des prédateurs financiers et des néocolonisateurs, pour trouver des solutions originales aux problèmes. Les caciques, dont les oppositions sont sectaires et souvent violentes, ont réussi à façonner une masse populaire aveugle, sourde et acagnardée. Ils sont d’accord pour se soumettre aux anciens maîtres et pour se conformer aux ordonnances prescrites par eux pour que les maux, qui accablent la masse indigente, soient légèrement atténués et que le cirque macabre se poursuive. Ils utilisent les crédos de la démocratie et de la bonne gouvernance comme un catéchisme. Ils ne cherchent pas à comprendre que ceux, qui leur ont prescrit les ordonnances funèbres pour nos compatriotes, ne sont que des apprentis sorciers de l’agiotage.
Comment faire confiance à des gens qui ne respectent pas leurs engagements ? Comment faire confiance à des gens qui ont organisé la grande chimère de l’histoire, doublée de la vaste escroquerie officielle de tous les temps ? Le Secrétaire Général de l’ONU les a dénoncés à la tribune des Nations-Unies lors de l’assemblée générale de cette année. Même le Président français, à cause de son impuissance face à une telle malfaisance, a été obligé de les dénoncer le 24 septembre à Toulon en France. Le G7 avait promis en 2005 en Ecosse de doubler l’aide au pays pauvres en la faisant passer de 25 à 50 milliards de dollars. Selon le Secrétaire Général de l’ONU, cette prétendue aide ne dépassera pas beaucoup les 21 milliards de dollars en 2008. Sachant qu’elle est détournée à 70%, on ne comprend pas comment un gouvernement peut fonder son programme de développement sur ce mirage.
Le discrédit du néocapitalisme est total. La claque infligée aux ayatollahs et aux morveux des marchés financiers, aux prêteurs inconséquents et aux pouacres spéculateurs ne peuvent que nous alerter et nous réjouir. Nos dirigeants doivent se ressaisir et admettre qu’ils ne doivent rien attendre de prétendus bailleurs de fonds. Nous vivons dans un monde impitoyable et sans scrupule. Nous avons vu avec quelle rapidité l’administration Bush avait voulu renflouer les comptes des criminels avec l’argent des contribuables américains. Le plan du Secrétaire au Trésor, Henry Paulson, devrait leur octroyer 700 milliards de dollars pour acheter entre autres des actifs toxiques. L’administration Bush a injecté dans le système financier 730 milliards de dollars pour les six derniers mois. Mais l’escroquerie des banquiers et des financiers est considérable. Il a fallu nationaliser les géants du crédit hypothécaire Fanny Mae et Freddie Mac et sauver d’urgence par l’intervention de la Federal Reserve (FED) l’assureur AIG, la banque Lehman Brothers et la première caisse d’épargne américaine Washington Mutual en failite pour éviter momentanément le krach du système financier international. Ce sont 283 établissements de prêts américains qui ont disparu depuis 2006. Avec la mystification de l’ingénierie financière et des gourous proclamés comme Alan Greenspan, ancien Président de la FED , les prédateurs de la finance ont réussi à privatiser ou à individualiser les profits et à socialiser ou à mutualiser les pertes. Voilà ce qu’on appelle la bonne gouvernance et la toute puissance du marché. La corruption et la mauvaise gouvernance sont partout, à la Banque Mondiale , au FMI et dans les grandes banques mondiales.
Notre pays comme les autres pays africains doivent rejeter cette logique diabolique de l’aide. C’est l’esclavage des temps modernes et un néocolonialisme pernicieux. Le programme des pays pauvres et très endettés (PPTE) est la corde donnée à nos gouvernements pour nous pendre. Après les échecs retentissants des programmes d’ajustements structurels (PAS), ils ont changé la dénomination des prolégomènes à toutes les souffrances. C’est l’exécution implacable du Darwinisme.
Le PRR appelle tous les togolais à ne plus se laisser tromper. Il les convie à renoncer à l’esprit partisan qui les empêche d’aborder les vrais problèmes qui nous consument. Aucun mythe, aucun homme politique, aucun parti politique ne vaut le sacrifice de notre mort ou de notre souffrance. Seul le Togo, pour son prestige et son intérêt supérieur et permanent, mérite notre sacrifice et notre dévouement. Nous avons un capital humain inestimable et des capitaux physiques abondants. Avec une grande ambition nationale et une vision positive, nous pourrons produire suffisamment de la richesse pour éradiquer la pauvreté et reconstruire une nation prospère et paisible. Cela devra se faire dans l’ordre, dans la discipline et par une ardeur au travail exemplaire. La sécurité pour tous exigera la modernisation de nos forces de sécurité et de défense nationales et la restauration de la confiance agissante entre elles et le peuple. Rien d’important ne se fera sans le consentement et l’adhésion massive du peuple à un projet de société porteur ou à un rêve du type américain.
Notre agenda pour l’avenir est un guide. Nous vous assurons qu’il est réalisable en toutes circonstances. Vous devez garder l’espoir car vos frères les plus féconds et dotés par la nature de dons inaliénables sont toujours disponibles pour le travail de redressement national. Ils espèrent que les épreuves vous ont instruits et édifiés et que vous serez prêts à tout moment pour relever le défi de l’exaltante œuvre de renouveau. Que Dieu nous inspire et nous aide.
Nicolas LAWSON
Président du PRR Des lecteurs ont laissé 2 commentaires. 1. Consultant Léoplod Johnson, Non inscrit C'est sans commentaire spécial. L'analyse est pertinente et le conseil judicieux. Le mal de l'Afrique est le manque de confiance dans nos capacités et notre démission devant l'arrogance des blancs. Il faut des hommes courageux comme N. LAWSON pour asséner certaines vérités. Il lui reste à prouver un jour aux togolais qu'il peut leur être utile. Merci cher compatriote. 2. Analyse on ne peut plus pertinente Mensah Kossi, Non inscrit C'est pour la premiere fois que je vois un citoyen togolais faire cette anlyse sans doute pertinente. Mais malheureusement le togolais ne voit pas plus loin que le bout de son nez. C'est sa qui fait mal. |